Bordeaux : la justice se mobilise contre le projet de réforme de l'organisation judiciaire

Bordeaux : la justice se mobilise contre le projet de réforme de l’organisation judiciaire

Vendredi 16 mars 2018, par Théophile LE DIOURON

C’est à l’unissons qu’une centaine d’avocats, magistrats et greffiers se sont retrouvés ce vendredi entre 13h30 et 14 heures sur les marches du tribunal de grande instance à Bordeaux. Au premier rang, des auxiliaires de justice brandissant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : "déjudiciariser sans réfléchir porte atteinte aux droits des justiciables", "chantiers de la justice=régression des droits de la défense et des libertés publiques", "Pas de justice sans moyens à hauteur des besoins".

Chantiers Bordeaux le 16 mars

Bordeaux le 16 mars le rassemblement des avocats contre les chantiers justice. Sur les marches du TGI

On l’aura compris, avocats, magistrats et greffiers entendent faire obstacle au projet de réforme de l’organisation judiciaire voulue par le président de la République.

"Ce projet est inacceptable car il réforme en profondeur tous les domaines du droit, dénonce Françoise Martres, déléguée du Syndicat de la magistrature (USM) .Il touche l’organisation judiciaire, à la procédure pénale, la procédure civile, l’exécution des peines, prévoit le tout numérique. Ce projet acte la disparition des tribunaux d’instance. Tout cela se fera au détriment du justiciable or le justiciable a besoin d’un juge de proximité, accessible".

Le projet entérine effectivement la disparition du tribunal d’instance, juridiction géographiquement proche des justiciables, simple et accessible dans son mode de saisine, peu coûteuse et jugeant dans des délais satisfaisants.

"Le même nombre de juges en 1914"

"En 1914 il y avait le même nombre de juges qu’aujourd’hui, rappelle le bâtonnier du barreau de Bordeaux, Jérôme Dirou. Or, comment répondre à une justice en inflation croissante ? Le ministère essaie de mettre en place des modes de règlement des litiges qui vont être moins consommateurs de temps de juge, moins de temps d’avocat et moins consommateur de temps de greffe. C’est-à-dire que l’on est à la recherche d’une économie de moyens pour pouvoir faire plus de procès avec les mêmes moyens. Et là où c’est catastrophique dans ce mode de raisonnement c’est que l"on nous présente cela avec des aspects assez chatoyants comme la numérisation, la rationalisation de la justice, la rapidité mais en réalité on veut faire passer un projet avec des économies de moyens dangereuses".

Pus d’informations :
http://www.sudouest.fr/2018/03/16/bordeaux-la-justice-se-mobilise-contre-le-projet-de-reforme-de-l-organisation-judiciaire-4286723-2780.php