France Culture, Trois minutes avec Frédéric MOUNIER sur la première marche de la justice : la conciliation

France Culture, Trois minutes avec Frédéric MOUNIER sur la première marche de la justice : la conciliation

Vendredi 9 juin 2017, par LE DIOURON

La France d’en haut, la France d’en bas, la France qui gronde, on en a beaucoup entendu parler pendant cette année électorale. Frédéric MOUNIER, le reporter de LA CROIX et chroniqueur de France Culture dans son émission Trois minutes avec, dit être allé à la rencontre d’une autre France. « Celle qui voit la vie pourrie par les mille tensions de la vie quotidienne. Les conflits entre voisins, les contentieux avec les assurances, avec les opérateurs téléphoniques, les problèmes de mitoyenneté, de nuisances. Cette France qui n’est ni de droite, ni de gauche, ni au centre, mais qui s’empoisonne elle –même ».

La Croix Frédéric MOUNIER Reporter

Frédéric MOUNIER s’est rendu au point d’accès au droit, PAD de Montereau en Seine et Marne et dit s’être fait tout petit pendant toute une journée dans le bureau de Roland CANDA, l’un des 2000 conciliateurs de justice en France. « Ils sont bénévoles raconte le journaliste. Gratuitement, ils démêlent, dénouent au nom de la République ces mille petits conflits qui bouffent la vie quotidienne de tout un chacun ». Ils ont traité l’année dernière relève-t-il, une pointe d’admiration dans la voix, près de 123 000 affaires Des litiges hors des affaires familiales et des affaires pénales qui portent porter sur des affaires civiles de moins de 4000 €
Et qu’a-t-il entendu dans le bureau de Roland CANDA ?
Une querelle assez ancienne entre voisins à propos d’arbres et de murs. « C’est assez saignant. Les deux personnes se sont installées dans le petit bureau sans se parler ni se regarder. Depuis plus de 25 ans ils sont voisins. » Ils sont propriétaires dans un quartier résidentiel à l’ombre d’un tilleul dont les branches débordent et suintent sur le jardin voisin raconte le reporter. « Sur la tête de mes enfants, déclare Karine, les feuilles mortes, j’en ai envoyé 21 sacs à la déchetterie. Et puis Il y a aussi les orties qui dépassent ». Les voix tremblent, ajoute le journaliste.
« J’ai coupé un arbre. Je n’étais pas obligé » gronde Jérôme le voisin. « On ne parle plus de cet arbre là mais de ce tilleul qui fâche, qui salit la toiture et la voiture de Karine », poursuit Frédéric MOUNIER. « Entre ces voisins il n’y a pas que des histoires de feuilles mortes. Il y a aussi beaucoup de poussières sous le tapis ».
« Il y a 25 ans je vous avais proposé d’acheter un bout de terrain », bougonne Jérôme en ajoutant, « on a volé du bois sur mon tas de bois. J’ai déposé plainte. J’attends le résultat de l’enquête pour couper mes branches ».

Canda France Culture