« Une charte de déontologie est un contrat de confiance »

« Une charte de déontologie est un contrat de confiance »

Jean-Pierre Chapelle ancien rédacteur en chef adjoint

Mardi 30 juin 2015, par LE DIOURON

L’esquisse de la charte déontologique des conciliateurs de justice, élaborée à partir des travaux réalisés par Natalie FRICERO Professeur à l’université de Sofia Antipolis à Nice, et Renée DOLLA VIAL, conciliatrice à la Cour d’Appel de Paris, énonce sept devoirs pour le conciliateur.

Jean Pierre Chapelle

Jean-Pierre CHAPELLE en compagnie de Renée DOLLA VIAL et d’Alain AURIC

Un devoir de probité, d’indépendance, de confidentialité, d’impartialité, un devoir de diligence et une obligation de réserve. Pour en mesurer utilité, impact et modalités pour faire vivre une telle charte déontologique, Jean-Pierre Chapelle était invité à partager ses expériences et savoirs en la matière. Rédacteur en chef retraité du journal Ouest-France à Rennes, il y a nourri et porté pendant un quart de siècle les travaux et réflexions
autour d’une telle charte de déontologie au service de l’information. Le regard de l’expert est décapant. L’apport du praticien, enrichissant.

Le discours sur le sens

« Une charte ce n’est pas un testament, ni un talisman. Pas plus quelqu’un paravent ou un auvent ». Il faut que ce soit un document qui vive, qui soit actualisé régulièrement. Il doit remplir deux fonctions énonce d’entrée Jean-Pierre Chapelle.
« Une charte déontologique a pour objet premier de réunir une communauté spécifique. Une communauté de mission, de devoirs que l’on se fait de travailler d’une certaine manière. La déontologie c’est le discours sur ce que l’on doit faire Le sens que l’on donne à des actions. Les personnes à qui vous vous adressez doivent très exactement savoir, de Brest à Montpellier et de Bordeaux à Nancy, ce qu’elles peuvent attendre de vous, comment vous travaillez.
Une charte est un contrat de confiance que vous décidez de passer avec les conciliables, avec les conciliateurs. C’est une garantie de travail, de comportement de méthode, de respect. Et une charte n’existe que si elle est diffusable et diffusée. Sa vocation c’est d’être une vraie carte d’identité. « Votre dénomination de conciliateur, donne du sens à votre communication. Elle porte la promesse d’une réconciliation, d’un règlement amiable d’un litige ».

Une exigence d’évaluation

La charte doit précisément porter la marque et la nature du service proposé. Il faut ensuite la légitimer. Une charte n’existe et ne vit réellement que si elle est adoptée par ceux qui ont la charge de la faire vivre. Que si elle est présentée aux nouveaux conciliateurs qui vous rejoignent. Que si elle est présente en permanence lors des formations. « C’est un parcours de combattant incontournable, obligatoire ».
Ensuite, la charte doit être évaluée. Et l’évaluer, c’est répondre à deux questions. « A-t-on fait tout ce que l’on a dit que l’on allait faire ? Sinon, pourquoi ? Avec le recul, avons-nous eu raison de faire ce que l’on a fait ? »

La charte va être finalisée durant l’été, et une proposition sera faite au Conseil National du 8 octobre 2015.

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